coquelicot devant champ de blé« L’Eternel sera ton guide constamment. Il pourvoira à tes besoins dans les déserts arides, il te fortifiera et tu ressembleras à un jardin bien arrosé » Esaïe 58 :11

« Tu ressembleras à un jardin bien arrosé »… dans notre pays cet été, cela ne paraît pas si incroyable… mais au milieu des déserts arides, voilà autre chose !
Un Dieu qui se soucie de notre jardin lorsque nous vivons un temps de sècheresse et traversons un contexte difficile, voilà qui est est interpelant.

Et si j’allais me promener dans mon jardin, qu’est-ce que j’y découvrirais ?
Du gazon tout beau tout vert ?
Un jardin utilitaire contenant tous les accessoires de détente inimaginables ?
Un jardin potager égaillé de plantes vivaces colorées ?
Un terrain en friche ?
Une prairie fleurie ?
De la permaculture ?

Quel est mon regard sur les plantes que je rencontre sur mon terrain ?

A certaines périodes, je suis tentée de considérer mon jardin comme un endroit qui doit « produire » fruits et légumes. L’abondance de la récolte peut bien sûr aider et nourrir plusieurs. Et en même temps, si je m’inscris uniquement dans une logique de production, je risquerai d’oublier de savourer cette récolte et de m’en réjouir.
Ou alors est-ce que par moment la mission que je m’impose d’arracher les « mauvaises herbes » focalise toute mon attention et mon énergie ?
Mon voisin affectionne particulièrement son jardin potager et a planté de la bourrache à côté de ses plants de tomates. La bourrache est une plante qui pousse spontanément dans des endroits tels que les décombres, décharges et composts. En jardinier averti, on pourrait la qualifier de « mauvaise herbe envahissante » … à éradiquer au plus vite ! Et en même temps, cette plante attire tous les pucerons qui autrement se régaleraient des tomates du voisin en question…

Dans le jardin d’Eden, Dieu « parcourait le jardin au moment de la brise du soir » (Gen 3 :8).
Je pourrais aller me promener avec lui ?
Cette promenade me paraît peut-être intimidante, ou même terrifiante ? Il promet d’être « mon guide constamment »… un guide compatissant et bienveillant.
J’aurai alors la chance de faire avec lui le tour du jardin dont lui-même a fixé les limites (Ps 16).

A certaines saisons de ma vie, j’aurai la joie de lui montrer un lis ou une courge. En hiver, je pourrais ressentir une certaine gêne devant l’apparente stérilité du jardin. La terre peut cependant abriter des oignons de tulipe, par exemple, qui émergeront avec la douceur du printemps. Dieu sait percevoir cette vie que la terre contient et qui n’a pas encore eu l’occasion de pousser.
En sa compagnie je pourrai regarder mon jardin au travers de ses yeux… et probablement y découvrir de petites fleurs dont je n’avais pas encore réalisé la présence.

Cette année, j’ai laissé pousser dans mon jardin une prairie fleurie. Quelle variété ! Que de fleurs assez « communes » qui forment un ensemble plein de vie et de couleurs ! Il me semble que leur côté éphémère les rend encore plus précieuses…
Nous avons affaire à un Dieu qui « habille avec tant d’élégance la petite plante des champs » (Matt 6 :30). Pour Dieu, le jardin de chacun d’entre nous est dans tous les cas « plein de délices » et chaque fleur qu’il contient le remplit de fierté et de joie !

Je choisis donc d’aller me promener avec lui et d’admirer les petites pousses même « insignifiantes » qui jalonnent ma vie, de me réjouir de leur présence et de leur beauté, d’en tenir compte dans l’écosystème global de mon jardin et d’en remercier leur créateur.