Témoignage de mon parcours spirituel au milieu des circonstances de ma vie.

chutes Iguazu, vues depuis l'ArgentineJe me suis convertie à l’âge de 6 ans et depuis ce jour, je marche avec Dieu.

Alors que j’avais 4 ans, j’ai eu un accident qui m’a fait perdre l’usage d’un œil. Dès mon plus jeune âge, j’ai connu la souffrance physique et psychique, car je me suis toujours sentie différente des autres. J’ai toutefois eu une scolarité réussie, j’ai fait mon gymnase et obtenu mon diplôme d’infirmière. A l’âge de 16 ans je suis tombée en grande dépression et ai attenté à mes jours à plusieurs reprises. J’ai eu un suivi psychiatrique et actuellement je me sens très bien.

Je me suis mariée. Avec mon conjoint, nous avons eu deux enfants aujourd’hui adultes. En 2012, notre fille est tombée sévèrement malade. Elle est atteinte d’une maladie auto-immune dont elle souffrira toute sa vie. De plus, c’est à cette période que j’ai eu de gros soucis de santé qui ont atteint la capacité visuelle de mon œil sain. Aujourd’hui malvoyante, je suis à l’AI. J’ai dû complètement repenser mon quotidien, abandonner la conduite de ma voiture, renoncer à exercer ma profession d’infirmière. A ce jour, notre famille va bien. La santé de notre fille est stabilisée et je vis très bien malgré mon handicap.

Lorsque nous passions par de grands moments d’épreuve, j’ai été baignée par ce que j’appelle, « la théologie de la souffrance ».

J’ai été touchée par certains passages bibliques comme le premier chapitre de l’épitre de Pierre qui m’a donné une certaine compréhension de nos difficultés. «  Voilà ce qui fait votre joie, même si actuellement, il faut que vous soyez attristés pour un peu de temps par diverses épreuves : celles-ci servent à éprouver la valeur de votre foi. Le feu du creuset n’éprouve-t-il pas l’or? Pourtant, votre foi qui a résisté à l’épreuve a une valeur beaucoup plus précieuse» 1Pi : 6-8. J’ai saisi qu’il est primordial de garder la foi quelques soient les circonstances. Car seule la foi nous donne le salut en Jésus-Christ et la vie éternelle.

En lisant Hébreux 12 : 8, j’ai aussi compris que la souffrance fait partie de notre marche chrétienne en tant qu’enfant de Dieu. « ... si vous êtes dispensés de la correction de Dieu à laquelle tous ont part, c’est que vous êtes des enfants illégitimes et non des fils ».

Alors que nous traversions ces temps difficiles, nous avons vécu des moments très intenses de la présence de Dieu au sein de notre famille. Il ne nous a jamais abandonnés.

Lorsque nous passions par ces grands moments d’épreuve, ma conception de la « théologie de la souffrance » leur donnait un sens. Elle m’a encouragée à rester accrochée à Dieu par la foi. Je peux affirmer qu’elle m’a permis de grandir spirituellement et avancer sur le chemin de la sanctification.

Mais il est arrivé que la tempête se calme et que notre vie soit plus douce. Je me suis sentie alors toute perdue, je n’avais plus rien à combattre. Je me suis sentie vide et loin de Dieu. Sans souffrance, plus besoin de batailler. Je n’avais plus de raison de passer de longs moments en prière. C’est là que j’ai compris que je devais apprendre à m’ancrer non dans la souffrance en tant que telle mais dans la personne de Jésus-Christ qui est au coeur de l’Evangile.

Peu à peu, j’ai réalisé que Dieu aime aussi nous donner de bonnes choses. J’ai appris à moins « faire » pour Dieu. J’ai appris à rester simplement en sa présence en ne ressentant rien de fort et surtout en acceptant ses bénédictions. Matt 7 :11 dit : « Si donc, mauvais comme vous l’êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, votre Père céleste donnera de bonnes choses à ceux qui les lui demandent ».

Ceci n’est pas pour moi « une théologie de la prospérité » où le croyant doit proclamer par la foi la guérison et les bénédictions de Dieu comme une réalité immédiate. Non, il s’agit plutôt d’une attitude intérieure où je reçois les bénédictions que mon Père céleste m’offre, comme des cadeaux précieux.

Au milieu des circonstances de ma vie, je progresse tout comme Paul le dit si bien dans sa lettre aux Philippiens: « J’ai appris à être satisfait de ma situation. Je sais vivre dans la pauvreté et je sais vivre dans l’abondance. Partout et en toutes circonstances, j’ai appris à être rassasié et avoir faim, à être dans l’abondance et à être dans le besoin. Je peux tout par celui qui me fortifie. » Phil 4 :11-13